Trans Mecs & Mecs

Au sujet de la sexualité trans

vendredi 4 septembre 2009 par Lazz

Il existe un certain nombre de mythes concernant la sexualité des personnes trans. Deux exemples : l’image de la vieille MTF [1] asexuelle, ou celle du FTM qui répugne à toute stimulation de son propre corps au profit de celui de sa partenaire et qui utilise systématiquement un godemiché. Or bien sûr la réalité est beaucoup plus variée !

Il y a encore quelques années, être trans et parler de sexualité ouvertement se faisait peu. Le développement de réseaux et forums par Internet a pu permettre d’aborder ce thème de manière plus explicite. Cela a aussi permis aux personnes ne se retrouvant pas dans les schémas décrits ci dessus de proposer des alternatives et trouver d’autres personnes dans le même cas. Une variété dans les sexualité trans visibles permet de faire en sorte que, pour reprendre les exemples cités, être asexuel/le, ou ne pas se laisser toucher et utiliser toujours un gode, soit le résultat d’un choix personnel et non pas adhérer aux seuls modèles véhiculés auparavant.

La sexualité des personnes trans n’est donc pas monolithique, MTFs et FTMs sont libre d’aimer et d’avoir des rapports sexuels avec toute la palette du genre : femmes et hommes non-trans aux orientations sexuelles variées (et des fois ne pouvant être restreintes à homo/hétéro/bi), autres personnes trans à tout stade de transition ou de non transition physique ou sociale, personnes intersexes diverses, genderqueers [2] à l’apparence et aux identités fluides et variées...

Le rapport au corps est lui aussi très varié, de la personne qui ne se laisse jamais déshabiller à celle qui n’a aucun problème à se retrouver nue dès les premières secondes d’une rencontre ; et ça ne correspond pas forcément au degré de modification physique effectué sur le corps. Tel FTM ne voit pas de contradiction entre être un homme et se servir de son vagin, telle MTF fait de même avec son pénis. L’utilisation d’objets sexuels n’est pas obligatoire dans les rapports sexuels avec un FTM, et des MTFs en utilisent aussi, qu’elles soient opérées au niveau génital ou non.

Le dialogue avant ou pendant le rapport sexuel est une bonne manière de s’assurer de ce qui est ok ou non avec la personne concernant les possibles zones à ne pas toucher, ou comment nommer certaines parties du corps. On retrouve une part non négligeable de personnes trans dans les milieux BDSM, attirées entre autre par les possibilités d’avoir une sexualité non centrée sur les organes génitaux, et par la négociation des limites qui prend place communément avant un rapport BDSM.

Les personnes trans peuvent être sujettes à ne pas utiliser de protection contre les ISTs ou une grossesse, ou à se retrouver dans des situations où les rapports sexuels ne seront pas totalement consentis. Plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu : l’isolation, une faible estime de soi, l’abus de drogues ou d’alcool, être prêt à tout accepter pour que son genre soit validé, ne pas vouloir utiliser un type de protection connoté à une partie du corps reniée, les chamboulements suite à la prise d’un traitement hormonal, le désir d’expérimenter avec son nouveau corps, une méconnaissance des risques pour les personnes issues du milieu lesbien, ou la pratique du sexe de survie [3].

Pour finir, il existe en plus de cela des idées reçues sur les ISTs : après une opération génitale il ne serait pas possible d’en contracter, les hormones rendraient obligatoirement stérile la personne dès le début de la prise, il n’y aurait aucun risque au niveau des ISTs pour un garçon non-trans qui a des rapports vaginaux avec un FTM, ou à l’inverse, les MTFs seraient des réservoirs à maladies du fait des préjugés attribués aux personnes prostituées avec lesquelles les MTF sont assimilées. Sur ce sujet il est à noter que la prostitution peut concerner non seulement des MTFs, mais aussi des FTMs, que le travail sexuel s’effectue en tant que fille, garçon ou trans.

[1MTF (Male To Female) et plus loin FTM (Female To Male) : désigne le sens de transformation de l’apparence ou de l’identité exprimée par la personne trans. Utilisé ici comme plus inclusif que de parler de femme ou homme transsexuel/le ou transgenre.

[2Personne se définissant en dehors des référents homme/femme et féminin/masculin ou jouant avec les codes sociaux genrés dans son apparence.

[3Rapports sexuels en échange de nourriture, d’un logement ou d’une protection par exemple.


Portfolio

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1316 / 97180

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Quelques bases   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.11 + AHUNTSIC

Creative Commons License